• Voici une autre façon d'aborder les responsabilités des élèves. Je trouve ça intéressant qu'ils réfléchissent eux-mêmes aux métiers qui seraient utiles à la classe et c'est une bonne façon de les investir davantage.

     

    D'après Apprendre avec les pédagogies coopératives, démarches et outils pour l'école, Sylvain Connac. 

    A travers les métiers, la classe se trouve partagée en nombreux secteurs de responsabilités, qui vont permettre à chaque enfant de se situer par rapport aux autres. Le métier donne un rôle au sein du groupe et un statut. Ce statut lui permet d’être reconnu dans le groupe alors que le rôle lui renvoie ce que chacun est en droit d’attendre de lui. C’est ce qui différencie du traditionnel service qui correspond à des tâches que les enfants se voient attribuées pour le fonctionnement de la classe. Le degré d’implication est souvent faible.

    Les métiers correspondent à des fonctions nécessaires à la vie coopérative de la classe que l’enseignant ne peut assurer seul.

    C’est souvent lors du premier conseil que sont pris en charge les premiers métiers, jusque là pris en charge par l’enseignant.

    Ce sont les élèves qui proposent la création des métiers et demandent au conseil de les exercer. En début d’année l’enseignant a déjà fixé quelques métiers nécessaires au démarrage. L’enseignant se garde de tout faire dans la classe, ce qui engendre des dysfonctionnements. La proposition des métiers apparaît alors comme une véritable piste en mesure d’améliorer les interactions dans la classe. Chaque enfant est en mesure de trouver un métier qui corresponde à ce qu’il est capable de réaliser. Ces responsabilités sont en lien avec des besoins qui émanent de la vie coopérative de la classe et permettent aux enfants qui les acceptent de participer à leur développement.

    Progressivement un tableau se construit. Lorsqu’un nouveau métier est proposé, le conseil s’interroge sur son utilité, délimite la nature de ses fonctions puis recherche des volontaires. Au bout de quelques semaines, chacun parvient à obtenir un métier auquel il a pensé ou qu’on lui a proposé.

    « On ne prend pas le métier d’un autre sans lui en avoir parlé » est une règle de vie qui peut être partagée dans le groupe. Un enfant qui possède un métier en est titulaire jusqu’à ce qu’il n’en veuille plus ou jusqu’à ce que le conseil estime qu’il ne le fait pas correctement.

    Une fois que tous ceux qui le souhaitent disposent d’une responsabilité, le principe est qu’une personne ne peut se la voir retirer s’il n’en a pas formulé la demande (sauf sur décision du conseil suite à un mauvais fonctionnement). Lorsqu’un enfant souhaite céder sa responsabilité, il le précise lors du conseil et peut en choisir un nouveau parmi ceux dont d’autres enfants ne veulent plus.

    Des métiers apparaissent puis disparaissent parce qu’ils s’avèrent inutiles. 

     


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  • D'après Apprendre avec les pédagogies coopératives, démarches et outils pour l'école, Sylvain Connac. 

     

    Objectifs :

    - savoir partager démocratiquement la parole ;

    - se réunir autour d’une problématique qui fait sens ;

    - discuter par l’intermédiaire d’interactions dynamiques ;

    - pouvoir mettre en doute la parole de l’adulte ;

    - reconnaître que chacun dispose d’une part de vérité et que la discussion sera l’occasion de coordonner les apports de chacun ;

    - faire la distinction entre des échanges factuels et des préoccupations philosophiques de nature universelles.

    -> Permettre à chaque enfant de faire évoluer sa propre pensée par la compréhension des autres points de vues et la confrontation des argumentations.

     

    Pour atteindre ces objectifs la pratique de discussion doit être récurrente et régulière (conseils coopératifs, quoi de neuf, bilan météo…). L’enseignant peut s’appuyer sur les habitudes prises lors de ces échanges pour amener les discussions à visée philosophique.

     

    Plusieurs fonctions au sein du groupe:

    - Le président de séance : il organise le groupe, distribuer la parole, tient compte du temps qui passe, rappelle les règles et nomme les éventuels gêneurs.

    - Les reformulateurs : ils notent les principales idées, répètent à leur façon ce qui vient d’être dit. Leur objectif est de « souligner » les idées émises par les discutants et d’aider à structurer l’avancée de la discussion.

    - Les synthétiseurs : ils aident les reformulateurs. A la moitié et à la fin de la discussion, ils font le point sur les principales idées qui ont été explorées par le groupe.

    - Les observateurs : ils ne participent pas aux échanges, ils observent afin d’apporter des aides, des améliorations sur ce qu’ils ont pu observer par rapport à la tâche de chacun.

    - Les discutants : ils n’ont pas de tâche précise et participent activement au débat.

    - L’animateur : c’est l’adulte. Il veille au bon déroulement de la discussion. Il peut enrichir la conversation, sans influencer les enfants.

     

    En cycle 2, l’adulte peut être animateur/président/reformulateur et synthétiseur. Mais, petit à petit, l’objectif serait que le groupe de discussion devienne plus autonome et indépendant de l’adulte.

     

    Dans un premier temps, l’enseignant peut proposer lui-même les sujets, puis on peut mettre en place la « boite à question » où les élèves poseraient les questions qui les intéresseraient et on en sélectionnerait une qui mènera à une discussion collective.

     

    Une question est souvent étudiée sur deux séances (une par semaine).

     

    Voici des liens vers les blogs de Charivari et le cartable de Séverine, où l'on trouve des documents très bien faits pour animer les débats. 

     


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  • D'après Apprendre avec les pédagogies coopératives, démarches et outils pour l'école, Sylvain Connac. 

      

    Le conseil coopératif réunit les élèves et l’enseignant, généralement une fois par semaine.

     

    Objectifs :

    - régulation de la classe ;

    - construction du cadre législatif du groupe ;

    - organisation des projets.

     

    Il permet aux élèves de s’exprimer sur le déroulement des journées, d’en critiquer ce qui dysfonctionne, de reconnaître ce qui permet de travailler sereinement et de faire d’éventuelles propositions de modifications.

     

    Points à tenir en compte pour le bon déroulement des conseils :

    - la mise en place du conseil doit répondre à un besoin, être préparée avec attention et menée avec prudence par l’enseignant qui sait où il souhaite aller ;

    - la place respective des différents partenaires, adulte et enfant, doit être précisée ;

    - les sujets traités doivent être importants pour la classe ;

    - les réunions doivent être suffisamment fréquentes pour traiter des propositions et des problèmes ;

    - le conseil doit être efficace pour être crédible et permettre à chacun de s’y investir ;

    - les décisions doivent être connues de tous, sérieusement appliquées et se traduire par des faits ;

    - la liberté de chacun doit être respectée.

     

    Pendant les phases de vote, chacun dispose d’une voix égale aux autres, élève comme enseignant. Celui-ci est un participant comme les autres mais il peut, en cas de risque ou de non-respect d’une loi, il pourra user de son « droit de véto » qui lui permet si nécessaire de refuser une orientation prise par le conseil et d’en demander une plus adaptée. Il peut également apporter aux élèves en amenant des notions pédagogiques relevant de l’éducation civique.

     

    Attention aux dérives :

    - La dérive démagogique : elle concerne l’adulte responsable du groupe qui pourrait, consciemment ou pas, utiliser le conseil pour faire valider ses propres opinions, ses volontés personnelles.

    -> Attribuer au conseil un véritable pouvoir de résolution : ne pas décider à la place du conseil, lui renvoyer tout ce qui peut faire l’objet d’un échange et d’une gestion coopérative.

     

    - La dérive judiciaire : participer à des conseils où seules les critiques sont abordées et des sanctions sont posées. Le conseil devient plus un tribunal qu’un lieu où s’exprime la coopération.

    -> Réduire les critiques et optimiser la place des propositions, des félicitations et des remerciements. Faire du conseil des moments de promotion de ce qui fonctionne dans la classe et de valorisation de ceux qui en sont les auteurs.

     

    - La dérive psychosociologique : quand c’est uniquement la parole des leaders du groupe qui émerge ou que seules leurs opinions conduisent aux décisions posées par le conseil.

    -> Utiliser les outils comme les ceintures de comportement ou les maîtres-mots du conseil (en particulier la possibilité de nommer « gêneur » un membre du conseil qui entrave son bon fonctionnement) peuvent être employés.

     

    Un conseil peut durer environ une heure.

     

    En amont des conseils, les enfants préparent l’ordre du jour en s’inscrivant sur un journal mural appelé « frigo » (capacité à conserver les informations qu’on y dispose). Ce « frigo » deviendra le support à partir duquel le président de séance distribuera la parole.

    Freinet avait 4 colonnes dans son frigo : je critique/je félicite/je voudrais/ j’ai réalisé.

     

    Avec un vote classique, on favorise la voix de la majorité, au détriment des autres qui n’ont pas forcément tort. Ainsi, plutôt que d’accorder une seule voix à chacun des membres du groupe, il est possible de lui permettre de voter chaque fois que la proposition lui convient. Chacun dispose d’autant de voix que de propositions à confronter.

    On ne vote plus que pour sa copine ou son copain, personne ne se retrouve à voter seul pour sa proposition pour au final retirer sa voix pour ne pas paraître ridicule une seconde fois, on ne vérifie plus qui a voté et qui le peut encore, ce qui est choisi n’est ni le meilleur, ni le plus amusant, c’est juste ce qui intéresse le plus les enfants. Le tout en ayant accordé la même importance à l’avis de chaque enfant. 


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  • Apprendre avec les pédagogies coopératives

    Voici ce qui a occupé mes vacances (enfin en partie... ) : Apprendre avec les pédagogies coopératives de Sylvain Connac. Une véritable source d'inspiration !

    Certes les idées que contient ce livre ne sont pas inconnues de la blogosphère, mais c'était intéressant d'avoir une vision concrète de leurs objectifs et de leur application. 

    Nous avons voulu travailler sur ce livre avec une collègue car nous remarquons de plus en plus de problèmes au sein de l'école (irrespect, violence, vulgarité, individualisme très TRES prononcé, conflits sans fin...). Notre objectif est donc, pour l'année prochaine, d'instaurer une nouvelle "politique d'école", basée sur la coopération, la discussion et l'entraide. Nous n'avons pas pour objectif de devenir une école avec des classes coopératives à 100%, mais nous avons étudié plusieurs pistes de travail qui pourraient être intéressantes de mettre en place au sein des classes et de l'école en générale. 

    Je mettrai donc dans cette rubriques les divers points sur lesquels nous avons travaillé, en commençant par un résumé des idées du livre puis, au fur et à mesure, la mise en place concrète dans ma classe, avec les réussites, les échecs et les ajustements apportés (mais ça ce sera pour l'année scolaire prochaine ).

     


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